• Chapitre 6

    Chapitre 6 :

    Un corps dans le vide :

     

    Johanna se réveilla en ayant l’impression d’avoir été écrasé par un train.

    « Aïe, ma tête ». Elle ne se souvenait de rien, la dernière chose qu’elle avait vue était un grand éclair. Difficilement, elle se releva et se dirigea vers la porte donnant directement sur le salon de chez ses grands-parents.

    -C’est bizarre, se dit-elle, il ne pleut déjà plus et l’herbe est toute sèche, malgré le « déluge » qu’il y a eu tout à l’heure.

    Instinctivement, elle regarda sa montre.

    -QUOI ! s’écria-t-elle, c’est déjà le matin ! Je n’ai tout de même pas passée la nuit ici, grand-père et grand-mère se serait rendu compte de ma disparition !

    Elle rentra à la maison en courant et appela ses grands-parents mais ses mots semblaient résonner dans le vide. Elle les chercha dans toute la maison, en vain. Elle était déserte. Johanna sentit les larmes lui monter aux yeux. Elle fouilla la maison de fond en comble, de la cave au grenier une fois…deux fois…trois fois…dix fois. Rien, nothing, nada ! Après avoir cherché pendant une bonne demi-heure, elle se rendit compte que ce n’est pas parce qu’elle cherche qu’ils vont réapparaître soudainement, comme par magie. Alors, elle s’assit sur le canapé et les attendit, ils étaient sûrement allés au marché, ou quelque chose dans ce style. Peut-être…Peut-être qu’elle était somnambule ! Voilà, cela expliquerait tout ! Elle se serait levé de son lit en plein milieu de la nuit, puis, elle serait sortit, et, enfin, elle se serait cogné la tête contre la balançoire. Ses grands-parents l’aurait cru encore endormi et serait sorti. Mais, Johanna oublia vite cette invraisemblable solution. D’abord, elle ne se souvenait ni d’avoir diné, ni d’avoir dormi. Ensuite, ses grands-parents lui auraient laissé au moins un petit mot pour la prévenir ; or, elle avait fouillé la maison de fond en comble et il n’y avait RIEN. Comme elle se perdait dans ses réflexions, elle en oublia le temps qui passait…Tic, tac, tic, tac…Puis, au bout d’un moment, elle en eu marre d’attendre. Elle éclata en sanglots.

    -Je suis seule au monde ! Pourquoi grand-père et grand-mère m’ont-ils abandonné ?! Je ne leur ai rien fait, pourtant ! 

    Après s’être calmé, elle réfléchit aux différentes solutions qui s’offraient à elle :

    1. Rester à la maison et attendre sagement qu’ils reviennent.
    2. Sortir les chercher dehors.

    Puis elle pesa le pour et le contre de chaque solution : si elle restait à la maison, cela lui éviterait sûrement beaucoup de soucis, mais ses grands-parents viendraient certainement très tard ; si elle sortait, cela lui permettrait de les chercher, mais en même temps, les rues ne sont pas sûres.

    -Je ne sais pas, rester ici toute la journée ce n’est pas possible, en plus la boum c’est soir, donc si on imagine que j’ai 5/10 de trouver mes grands-parents, il serait vraiment préférable que j’aille les chercher au moins dans le quartier !

    Sa décision étant prise, elle enfila de nouveaux habits, puis elle vida son sac pour y mettre des provisions « on ne sait jamais », se dit-elle. Puis elle prit les clés de la maison, par sécurité. Au moment de sortir, elle regarda derrière elle et fut prise de pensées pessimistes « Et si je ne revenais jamais ? Et si on me kidnappait ? » Elle chassa ces pensées, tout en sachant pertinemment que tout est possible dans la jungle de la ville.

     

    *

    *   *

     

         Johanna essaya plusieurs fois de demander son chemin à certaines personnes, parce qu’elle ne connaissait pas bien cette partie de la ville. Mais personnes ne lui répondait comme si elle était invisible. « C’est normal, ils ne peuvent pas aider tout le monde, ils sont sûrement occupés » se dit-elle. Mais, en disant ça, elle essayait surtout de se rassurer elle-même : ce n’était pas possible que pas une seule personne sur toutes celles à qui elle a demandé son chemin ne lui réponde pas. « Il pense peut-être que je suis une clocharde !! », elle garda cette idée en tête pendant une bonne minute, mais se dit ensuite : « Mais non, on ne peut pas être clocharde et avoir un sac à dos aussi gros qu’un boulet de canon ! » Au fur et à mesure qu’on l’ignorait, Johanna sentit son inquiétude monter. Alors, elle prit son courage à deux mains et bloqua le chemin en se mettant devant une femme qui passait par là en disant le plus fort qu’elle pouvait :

    -Pouvez-vous m’aider à retrouver mon chemin ?

    La femme l’ignora comme tous les autres. Johanna ferma les yeux en s’attendant à se cogner contre celle-ci. Mais, à son très grand étonnement, au lieu de sentir un contact humain, elle eut l’impression d’avoir reçu une décharge électrique. Cela dura pendant quelques secondes ; lorsque ça s’arrêta, elle s’effondra par terre, comme quelqu’un qui aurait eu une morsure de serpent. Elle regarda devant elle : la femme en question était loin d’elle. Mais le plus bizarre était que tout le monde marchait sur elle, et tout ce qu’elle sentait, Apparemment, même ceux qui ne faisaient que c’était une décharge électrique. l’effleurer, sans vraiment la toucher, ressentaient une petite douleur à l’endroit où ils avaient touché/effleuré Johanna. Elle voulut savoir jusqu’où « cela » pourrait aller et cria à plein poumons :

    -EEEHHH, OOOHHHH !!!!!!!!!!

    Rien ne se passa ; c’était comme si elle parlait tout doucement, voire même pas du tout. Comme apparemment personne ne pouvait l’entendre, elle commença à penser à voix haute :

    -Comme c’est étrange, on ne me voit pas, on ne m’entend pas, et quand quelqu’un me touche j’ai l’impression d’avoir mis mes deux doigts dans une prise électrique ! C’est comme si j’étais…comme si j’étais…invisible. Voila, c’est ça le mot, invisible.

    Elle resta une bonne minute avant de se rendre compte ce qu’impliquait ce qu’elle venait de dire :

    -Oh, mon Dieu, je suis invisible !


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